L’invention du climat : vous aussi, faites votre « Grande Traversée »

Publié le 02/09/2015

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5 jours, 5 épisodes d’une grande saga, à travers l’histoire et les enjeux du climat. Du pain bénit pour moi, qui essaie de comprendre chaque jour un peu mieux ces questions, tout en cherchant d’autres moyens que des livres et des articles scientifiques pour les approfondir.

Mais tout de même : 5 X 1h49 ! Je n’étais pas bien sûre d’aller au bout des podcasts avec une qualité d’écoute égale… Je dois dire que le travail d’orfèvre de Matthieu Garrigou-Lagrange et Franck Lilin m’a saisie.

Ce qui fait la force de cette « grande traversée », c’est son rythme et sa variété. Après une première partie historique, où les extraits d’archives viennent compléter les analyses des spécialistes, on découvre une séquence de documentaire, un grand entretien, et un feuilleton, auprès du sociologue et historien des sciences, Bruno Latour. On retrouve chaque jour avec délice ses aventures climatiques et théâtrales, de Londres, à la première de la pièce Gaïa, Global Circus, en passant par Toulouse ou Nanterre, où s’est tenue la simulation de négociations Make It Work.

Tournage à la Faute-sur-Mer © RADIO FRANCE, invention du climat, grande traversée

Tournage à la Faute-sur-Mer © RADIO FRANCE

Le voyage commence « In the air », avec une histoire de l’air et de l’atmosphère depuis l’époque romaine, en compagnie de l’historien américain John McNeill. On embarque ensuite pour la météopole de Toulouse, pour découvrir le travail des météorologues et leur supercalculateur. L’entretien avec Dominique Bourg prend carrément un tour métaphysique : « y a-t-il un lien entre Dieu et le réchauffement climatique ? ».

Au jour 2, on aborde les « prises de conscience » : de celles des scientifiques et des ONG, qui savaient depuis de nombreuses années, à celles des citoyens, qui ne savaient pas, jusqu’à être victimes du changement climatique. Le reportage à la Faute-sur-Mer montre comment la tempête Xynthia a pu être si destructrice en 2010, car la ville a construit toujours plus en oubliant le risque. L’explorateur Jean-Louis Etienne raconte lui aussi ses prises de conscience, à mesure qu’il voyait fondre les pôles.

Le troisième jour explore « les colères du climat » et la manière dont elles ont toujours effrayé les Hommes, en compagnie d’historiens des sciences et de climatologues. Le documentaire revient sur la dévastation de l’ouragan Katrina en Louisiane, avant de laisser place à Brice Lalonde, ancien ministre de l’Environnement, partisan historique justement d’une écologie non partisane.

Le jeudi était consacré au « temps politique », avec les riches interventions d’Amy Dahan, historienne des sciences et co-auteure d’un livre sur le sujet (Gouverner le climat ? vingt ans de négociations internationales, Presses de Sciences Po). Brice Lalonde, aux manettes pour la France à Rio, en 1992 et Dominique Voynet, en charge des négociations à Kyoto, en 1997, témoignent de la façon dont les enjeux géopolitiques ont évolué au fil des conférences climatiques. Nicolas Hulot raconte ensuite sa vision des négociations à venir, et l’urgence de se mettre d’accord pour agir.

On est déjà presqu’à la fin, mais il manque un aspect essentiel : montrer que « les temps changent » ! Un détour par la géo-ingénierie, une méthode radicale qui veut vaincre la Nature à coup de technologie, nous voilà auprès des habitants de l’Île de Ré qui vivent la montée progressive des eaux et risquent de diviser à nouveau l’île en deux.

Cerise sur le gâteau, je découvre – même si elle avait partagé le lien de l’émission, elle était restée modeste – Anne-Sophie Novel raconter aux auditeurs de France Culture le projet de Place To B : faire se croiser les points de vue, les voix et les compétences de chacun, pour changer le récit sur le climat. L’architecte Nicolas Delon l’accompagnait pour expliquer comment il avait pensé, avec d’autres, la scénographie du site du Bourget où se tiendra la COP21.

Après un dernier épisode aux côtés de Bruno Latour et des acteurs de Make It Work, j’aurais voulu que ça dure encore. Je me suis dit qu’il fallait partager ça, et qu’on fasse tout pour que la COP21 soit un levier d’action et que « ça marche ». Alors vous aussi, traversez !

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