Une COP24 bien en dehors des radars ?

Publié le 08/01/2019

La COP24 s’est terminée il y a quelques semaines déjà et l’heure est désormais au bilan. Sur le blog, nous avons tiré les conclusions de cette 24ème Conférences des Parties et résumé ce qu’il fallait retenir de l’adoption du Rulebook, ce fameux texte de mise en application de l’Accord de Paris.

Mais qu’en a t-il été du retentissement de la COP au-delà des murs du Centre de Conférences de Katowice ? Peut-on dire que cet événement a été suffisamment traité, et de la bonne manière, dans les médias français ?

Fortement éclipsée par un contexte social tendu et par la crise des « Gilets Jaunes », on peut dire que cette COP est bel et bien passée quasiment inaperçue dans le paysage médiatique français.

 

Une délégation française amoindrie

Il faut dire que cela partait mal, quelques semaines même avant le top départ de cette nouvelle COP qui fut donné le dimanche 2 décembre.

Emmanuel Macron avait déjà annoncé qu’il ne se rendrait pas en Pologne pour cause de G20 en Argentine, laissant sa place de représentant de la France à son Premier Ministre Édouard Philippe. Or ce dernier a également annulé sa venue à la veille du démarrage de cette COP24, en raison des violences subvenues en marge d’une nouvelle manifestation des Gilets Jaunes le samedi 1er décembre. La place fut donc reléguée au Ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique François de Rugy, qui était accompagné de sa secrétaire d’Etat Brune Poirson.

C’est donc une délégation française sans chef d’Etat qui s’est rendue en petit comité en Pologne, un mauvais signe pour le pays qui est pourtant à l’origine de l’Accord de Paris et dont le Président a été couronné symboliquement « Champion de la Terre » fin septembre dernier par les Nations Unies.

De quoi désintéresser les médias, pour qui finalement « La France a renoncé à jouer un rôle moteur dans les négociations climatiques ».

« Ni Emmanuel Macron, ni Édouard Philippe n’ont jugé utile de se déplacer pour l’ouverture des négociations, lors de la journée réservée aux chefs d’État » reprennent les rédactions dans leurs différents papiers.

Une absence remarquée, symbole d’une France qui aurait déjà baissé les bras avant même le début des négociations, et qui a vite fait tourner le dos aux médias vers d’autres sujets.

 

Toutes les rédactions mobilisées autour des Gilets Jaunes

Et les sujets brûlants ne manquaient pas dans l’actualité à ce moment-là.

En effet, la crise des Gilets Jaunes qui avait démarré à la mi- Novembre a continué de s’intensifier tout au long de la durée de la COP, donnant lieu à de nombreux débordements, à des scènes de violences rares et au déferlement d’avis et de théories diverses et variées sur le sujet, occupant les ¾ des contenus de nos médias, qu’ils soient papiers, radio ou télévisés.

Difficile alors de trouver une place pour parler de la COP24, dont les enjeux étaient pourtant cruciaux mais qui n’a pas su intéresser les rédactions, probablement en raison des nombreuses contradictions qu’elle posait (ayant lieu déjà à Katowice, ancienne capitale du charbon) et pour les raisons évoquées plus haut (avec l’absence de l’exécutif).

Elles sont donc pour la plupart restées focalisées sur les Gilets Jaunes, avec un angle privilégiant très souvent le « comment » (les conséquences) que le « pourquoi » (les causes).

C’est ce que nous expliquait pendant la COP Simon Roger, Journaliste de la rubrique « Planète » au journal Le Monde, dont le contenu a également été bouleversé pour laisser place à la crise sociale et politiques des Gilets Jaunes.

L’angle de la transition juste : ce qui a résonné lors de la COP

 Pour autant, les médias auraient pu faire le pont entre les deux sujets, autour de l’enjeu de la « transition juste ».

C’est d’ailleurs ce qui a résonné lors de cette COP, en tout cas pour les français qui s’y trouvaient, lorsqu’ont été abordées les questions de transition énergétique, de taxe carbone et de transition juste.

Même la Présidence polonaise a mis ce sujet sur la table dès le 2ème jour de négociations, préférant probablement prendre les devants diplomatiquement sur un enjeu qui les concerne d’autant plus que la Pologne est un des plus gros producteurs de charbon et qu’elle va devoir dans les prochaines années effectuer sa transition énergétique.

L’enjeu est alors de ne laisser personne derrière ou impacté par ces changements, pour justement éviter la situation de crise sociale qui est survenue en France, d’ailleurs montrée de très nombreuses fois pendant la COP comme l’exemple à ne surtout pas suivre.

Avec un résultat de COP24 mitigé et très décevant pour bon nombre de militants et d’analystes, et avec des médias qui s’en sont définitivement lassés, on peut dès lors se poser des questions sur l’avenir des COP.

Que peut-on véritablement attendre de négociations dont « tout le monde à l’air de se foutre » ?

 

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