La COP24 s’est achevée, le Rulebook a été adopté

Publié le 16/12/2018

Le Katowice Rulebook a finalement été adopté hier soir, avec une trentaine d’heures de retard, faisant de ce samedi 15 décembre le dernier jour officiel de cette 24e Conférence Climat. Alors que contient ce texte ? Quelles sont les avancées et les manques ? Que faut-il attendre en 2019 ?

Treize jours de négociations et un Rulebook adopté !

Hier soir, Samedi 15 Décembre 2018 aux alentours de 22h s’est clôturée la 24ème Conférence des Parties sur le Changement climatique. Le coup de marteau donné par Michal Kurtyka, secrétaire d’État au ministère de l’Énergie et Président de cette COP24, a marqué l’adoption du Rulebook tant attendu. Ce Rulebook établit les règles de mise en application de l’Accord de Paris et permet de le rendre opérationnel.

En plénière, les négociateurs, représentants des délégations et Ministres encore présents ont salué l’adoption de cet Accord, mettant fin aux heures de négociations, aux discussions compliquées entre certains pays et aux derniers blocages sur des sujets clés comme la finance ou encore la tarification du carbone.

Ainsi, il aura fallu une trentaine d’heures supplémentaires avant de rendre les conclusions de ces négociations et la plénière de clôture fut repoussée pas moins de 5 fois, faute de consensus.

Crédits : Sabrina Marquant

 

Il faut dire que certains pays ont ralenti l’adoption du Rulebook.

Le Brésil tout d’abord, qui a bataillé toute la journée du samedi au sujet des mécanismes de régulation des marchés du carbone. L’enjeu est en effet très important, et il figure d’ailleurs dans l’article 6 de l’Accord de Paris, car il permet aux pays les moins pollueurs de gagner des crédits carbones et de les revendre aux pays les plus pollueurs. Mais là encore la question qui fâche est à quel prix chaque pays peut-il revendre ces crédits carbones aux plus pollueurs ? C’est pour répondre à cette question que des règles encadrant ces marchés du carbone doivent impérativement être fixées. Mais quelles règles ? Faut-il envisager ces échanges d’émissions de CO2 comme sur un marché classique ? Aujourd’hui, les pays n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la meilleure réponse à apporter et le sujet a donc été ajourné à la prochaine COP25.

La Turquie, quant à elle, a aussi participé à faire durer le suspens et à prolonger les négociations, en remettant en cause sa position de pays développé et donc donateur au Fonds Verts dans le classement des pays de la CCNUCC. Cela l’empêche donc de recevoir des aides financières et l’oblige à investir plus d’argent en direction des pays considérés comme “en développement”. Finalement, cela n’aura rien donné pour le pays qui conserve sa place initiale dans la liste des pays donateurs.

Un texte qui pose les base…

… mais qui est loin d’être assez ambitieux

Des pays frileux à s’engager

Les résultats de cette COP24 sont assez décevants pour les militants et ONGs qui déplorent un manque d’engagements et de volonté d’agir de la part de la plupart des pays. Ainsi, sur 196 pays, seuls 2 se sont engagés à augmenter leur Ambition.Sans surprise, il s’agit des îles Fidji et des îles Marshall, qui subissent déjà les effets désastreux des dérèglements climatiques sur leur territoire.

Mais plusieurs autres pays n’ont pas fourni d’efforts suffisants pour parvenir à l’Ambition désirée et nécessaire afin d’être alignés sur les recommandations du Rapport du GIEC.

Ainsi, au moment de déterminer leurs Contributions Déterminées au niveau National (NDCs), plusieurs pays n’ont pas souhaité relever leurs engagements. Quant à l’Union Européenne, sa contribution reste très faible (son investissement financier ne s’élève qu’à 10 millions d’euros), en bonne partie à cause de la position de certains pays comme la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie et la Hongrie. Ces pays, dont l’économie s’appuie notamment sur l’industrie du charbon, estiment que l’Union Européenne est déjà suffisamment ambitieuse en terme de politiques contre les changements climatiques.

Cette position empêche d’autres pays comme la France, l’Allemagne et treize autres états, de pousser pour que l’Europe relève ses ambitions d’ici à 2030.

Malgré tout, une belle avancée est tout de même à prendre en compte au milieu de ces déceptions : la création d’une Coalition de la Haute Ambition (HAC), signée par plus de trente pays (développés et en développement). Les pays signataires s’engagent à augmenter leur Ambition d’ici 2020, s’alignant avec les objectifs de l’Accord de Paris, et à agir à travers leur CDN (Contributions Déterminées au niveau National) et sur le terrain pour parvenir à des résultats sur le court-terme. Davantage symbolique que contraignante au niveau juridique, cette Coalition permet toutefois de signaler la volonté de ces pays d’accélérer la cadence dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Parmi les pays signataires : le Canada, le Costa Rica, le Danemark, Fidji, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Espagne, le Royaume-Uni ou encore la Nouvelle-Zélande

A noter que la Belgique elle, n’a pas encore donné son feu vert pour rejoindre la Coalition. « Bruxelles, la Wallonie et le fédéral étaient d’accord avec le texte », a indiqué à l’agence Belga la ministre fédérale de l’Énergie, de l’Environnement et du Développement durable, Marie Christine Marghem. « La Flandre, elle, doit y réfléchir et n’a pas dit non ». Affaire à suivre…

Et la suite ?

La COP polonaise est désormais terminée et les regards sont désormais tournés vers les prochaines sessions de négociations qui seront, on l’espère, l’occasion d’avancer encore sur les engagements climatiques de pays et rediscuter des points qui n’ont su faire consensus à Katowice.

A noter que les intersessions auront lieu en juin, du 17 au 28, à Bonn en Allemagne. La COP25, elle, aura lieu au Chili, précédée d’une Pre-COP au Costa Rica.

 

Un autre évènement est très attendu, le Climate Summit, qui sera organisé à New York au mois de Septembre 2019. Intitulé “A Race We Can Win. A Race We Must Win”, ce Sommet rassemblera états, régions, villes, entreprises et investisseurs pour prendre des actions autour de 6 sujets clés : la transition énergétique, la finance climatique (et la tarification du carbone), la transition industrielle, les solutions basées sur la nature, les actions à échelle des villes, et l’adaptation. Ce sommet, destiné à poursuivre les discussions du Global Climate Action Summit, de la COP24 et des intersessions, sera une nouvelle occasion pour les Chefs d’Etat de présenter leur plan d’actions afin d’augmenter leurs ambitions avant 2020.

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