Ouverture du Dialogue de Talanoa à la COP24 !

Publié le 11/12/2018

Encore un nouveau jour à la COP24 à Katowice, et pas n’importe quel jour car aujourd’hui s’est ouvert le très attendu processus de Dialogue de Talanoa, avec le segment inter-ministériel qui a permis aux différents Ministres des délégations de présenter les engagements de leur pays.

Ouverture du Talanoa Dialogue

Pour rappel, le Dialogue Talanoa a été lancé l’année dernière par la présidence Fidjienne à la COP23. Le but de ce dialogue de facilitation est d’amener les participants à assouplir leurs positions et à revisiter leurs idées en les confrontant à celles des autres. Ce style de dialogue privilégie l’échange et la participation, la découverte de points communs et la communication spirituelle autour d’un objectif partagé, selon les Nations Unies.

Intimement lié à l’Ambition dont nous parlons depuis le début de cette COP24, la question se pose toujours : comment les pays vont-ils commencer à revoir à la hausse leurs engagements de la COP21 ? La réponse peut sembler simple : en s’appuyant sur le Rulebook qui doit sortir des négociations climatiques à Katowice. Au coeur de ce Rulebook, le tout premier bilan mondial qui aura lieu en 2023 et les moyens d’y parvenir, qui vient se heurter aux lenteurs des négociations. En effet, de nombreux partis, dont l’Union Européenne, appellent à reporter le Dialogue de Talanoa dans les mois qui viennent, mais il est indispensable d’en tirer les conclusions dès maintenant pour définir clairement l’Ambition, avant la clôture de la COP24, en incluant de manière précise les informations fournies par le GIEC dans son rapport sur les 1,5°C. Ce Rulebook se doit d’éditer des règles fortes, d’inclure des incitations pour une réelle ambition de la part des pays, accompagnées d’une exigence de transparence exemplaire sur l’évolution des NDCs de chaque pays.

Les thématiques du genre prennent leur place le temps d’un journée

Une journée par grande thématique est un temps trop court, mais un temps indispensable pour permettre à chaque constituante de faire entendre sa/ses voix au coeur du process de la CCNUCC. Le 11 décembre est le Gender Day au sein des négociations. Si des avancées sont faites pour régler les disparités entre genre face aux changements climatiques, elles restent néanmoins très petites. Aujourd’hui, seuls 0,01% des projets de lutte contre les changements climatiques menés par des femmes sont financés, alors que les femmes sont 51% sur la planète, et en première ligne pour faire face à ces changements dans beaucoup de pays.

Alors comment agir ? En mettant en place, au niveau local, des législations qui favorisent l’égalité des genres et qui améliorent la place des femmes au sein des sociétés. Seule une approche dite “bottom-up” c’est à dire partant du niveau de décision et d’action locale peut permettre une réelle équité entre les genres.

Aujourd’hui, la question du genre est remise en question au sein de l’Accord de Paris et des incertitudes sur l’inclusion du « Gender Action Plan » au sein du Rulebook pèsent encore, ce qui menacerait l’approche systémique des Droits Humains nécessaires à l’adoption d’un Accord de Paris ambitieux.

La finance toujours au coeur des préoccupations

Il est difficile de savoir comment avancer sur tous les autres sujets tant que le point finance n’est pas réglé – et pourtant c’est le point qui semble le moins avancer. Toujours à se regarder en chiens de faïence, les pays contributeurs du Fonds Vert pour le climat (GCF) et les pays récipiendaires continuent de se renvoyer la balle. Si les pays contributeurs affirment que les 100 milliards seront bien atteints d’ici 2020, les pays du groupe G77 rappellent qu’il faut continuer les nouvelles contributions afin de les atteindre, et pour l’instant, peu de nouvelles contributions ont été annoncées. La France quant à elle a annoncé un soutien de 15 millions de dollars en direction des pays les moins développés et 20 millions pour le GCF.

Autre point épineux : les systèmes mis en place pour contrôler et réduire les émissions de CO2 au niveau local (Taxe carbone, systèmes d’échanges de bons à polluer, etc). En Europe, le système ECTS, système d’échange de quotas d’émission, a un bon fonctionnement mais se heurte au prix du carbone, encore trop faible pour devenir un réel incitateur à moins polluer. Dans un contexte de préservation des réserves naturelles, il est indispensable d’augmenter le prix du carbone afin de mettre en place des actions concrètes.

Des side-events représentatifs de la diversité des secteurs

En marge des négociations, de nombreux side-events prennent place, avec des thèmes très variés. Si certains sont déconcertants, comme ceux des Etat-Unis et de l’Arabie Saoudite, d’autres montrent la volonté d’action transversale qui gagne la société civile. Deux événements ont retenu l’attention, un sur le sport et l’autre sur le tourisme. Le premier montre l’élévation des voix et des motivations dans un secteur qui draine près de 5 000 milliards par an. Comment responsabiliser les différentes filières et s’en servir comme vecteur de sensibilisation : voilà tout l’enjeu. Un message reste clair à la fin de cet événement : les JO de Paris se doivent d’être exemplaires !

Le second événement sur le tourisme fait entendre un message aligné : avec 1/5e des emplois mondiaux dérivant directement et indirectement des activités touristiques, le secteur est à la fois acteur et témoin des changements globaux. 3 axes d’action sont d’ores et déjà évoqués pour agir le plus rapidement possible : 1. sensibilisation des publics, 2. action de la part des acteurs impliqués et 3. Sommet annuel pour rendre compte des avancées. Il est également fait mention du secteur aérien, mouton noir du secteur des transports, qui promet des efforts d’ici 2050 : une date très éloignée et des engagements peu ambitieux.

La COP avance à petits pas, notamment grâce à la présence des Ministres et représentants politiques de chaque pays, qui ont devant eux un emploi du temps et une to do list très chargés. Comme le soulignait très justement Laurent Fabius aux négociateurs “Il ne reste que 4 jours pour finir le travail”.

Alors on vous donne rendez-vous demain pour un nouveau compte-rendu de ce qu’il se passe durant cette COP24.

En attendant, retrouvez comme tous les jours notre album photo des évènements du jour sur Flickr !

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