Au 4ème jour de la COP24, les premiers débats émergent

Publié le 05/12/2018

Comme nous vous le disions hier, les négociations ont commencé lentement mais sûrement, et avec un peu de retard en Pologne, car quelques pays souhaitaient remettre en question des points de la mise en place concrète de l’Accord de Paris.

Ce document tant attendu, appelé le “Katowice Rulebook” fait clairement débat car il suppose que les 196 pays se mettent d’accord sur plusieurs points : le financement des actions climatiques, les pays qui donneront au Fonds Vert et ceux qui recevront, le montant qui devra être alloué pour chaque cas, la transparence de ces flux financiers…

Un fossé se creuse entre pays développés et en développement

Autre sujet au coeur des débats : les NDCs (les Contributions Déterminées au niveau National). L’Accord de Paris stipule que les pays doivent revoir à la hausse ces contributions tous les 5 ans. Premier palier pour relever l’Ambition en 2020, année qui doit également marquer la mise en place concrète de l’Accord.

Premier point d’accrochage avec les pays en développement, qui se sont engagés pour réduire au mieux leurs émissions et mettre en place les politiques conséquentes pour s’aligner au Rulebook international. Ces derniers soulignent la difficulté de la mise en place de tels changements d’ici les deux prochaines années, et demandent à ce que la date butoir soit repoussée à 2023, ce qui leur laisserait 3 ans de plus pour agir.

Selon leurs dires, les pays développés auraient pu agir bien avant alors, pourquoi devraient-ils fournir autant d’efforts en si peu de temps ?

Second sujet épineux aujourd’hui : les “Pertes et Dommages”, qui ne met clairement pas d’accord tout le monde autour de la table.

En jeu ? Le bon fonctionnement et la réussite du “Warsaw Mecanism”, géré par un comité qui supervise la façon dont sont gérés ces pertes et dommages. En simple, seulement 20 pays gèrent ce sujet, alors qu’il pourrait toucher jusqu’à plus de 200 pays à travers le monde. Alors comment gérer les effets du changement climatique pour prendre les mesures de prévention et de réparation des préjudices climatiques ?

Ici encore, les pays développés semblent remis en cause. Accusés de ne pas mesurer correctement les effets du changement climatique sur les populations, ils se sentiraient donc moins concernés par le sujet.

Faut-il leur rappeler que les changements climatiques ont déjà des conséquences au sein même de leurs territoires, telles que des déplacements de population ?

Les jeunes activistes bien décidés à presser nos dirigeants

Le témoignage poignant et inspirant qui ressortira de cette journée de négociation est celui de Greta Thunberg, jeune activiste suédoise de 15 ans qui s’est fait connaître dans le monde entier pour avoir commencé à manifester, seule, devant le Parlement suédois pour attirer l’attention de son gouvernement sur les conséquences du changement climatique. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle attend de cette 24ème COP, sa réponse est sans équivoque : moins de paroles, plus d’actions.

Cette jeune lycéenne qui a choisi de manquer les cours pour venir à Katowice (avec l’accord de son établissement !) est devenue le symbole d’une jeunesse qui se bouge et qui attend des actions concrètes, tant des représentants politiques que des précédentes générations.

“ Il est temps qu’ils rendent des comptes de leurs actions passées et réalisent l’ampleur de la situation”, déclare t-elle. Pour elle, il n’y a plus de temps à perdre car “ce qu’on fera maintenant, les conséquences de nos actions seront irréversibles pour les générations futures”.

Impressionnante de maturité et ayant compris les enjeux de cette décennie, Greta n’est pas prête d’abandonner son combat et compte bien rester assise devant le Parlement jusqu’à ce que la Suède s’aligne enfin totalement avec les objectifs fixés par l’Accord de Paris.

Un Tour des Pavillons pas comme les autres

Nous l’avons vu, la société civile ne rate pas une occasion de faire comprendre aux gouvernements qu’ils sont sous surveillance et que leurs actions ont des conséquences. L’association Gastivist a proposé un tour inédit des pavillons des pays. Objectif : voir l’éléphant dans la pièce, le financement continue des énergies fossiles, lors d’un “Toxic Tour”

De la Pologne au Japon, en passant par l’Union Européenne et la Grande-Bretagne, l’association met en lumière les différentes implications des états dans la production et l’utilisation de charbon, gaz et pétrole. Ils ont rappelé que le gaz naturel reste une énergie fossile, le charbon ne peut pas être propre (“Think “dirty dirty fossil fuel” when talking about coal”), la fracturation hydraulique n’est pas une action environnementale, et chacune des énergies fossiles a un impact sur l’environnement, la santé et l’économie.

Alors que donneront les discussions de demain ? Qui prendra la place du Brésil, élu « Fossil of the day » en ce Jour 4 ?

Réponse demain sur le blog !

En attendant, retrouvez toutes les photos de la COP sur Flickr.

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