Climate Chance Afrique édition 2018, c’est parti !

Publié le 29/06/2018

La troisième édition du Sommet international Climate Chance en Afrique a débuté ce matin à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Pendant 2 jours, plusieurs dizaines d’intervenants et environ 500 acteurs non-étatiques du monde entier, engagés ou sensibilisés à la question climatique, vont se réunir pour parvenir à l’élaboration d’une feuille de route commune sur la lutte contre les changements climatiques en Afrique.

Place To B vous emmène dans ce Sommet 2018, comme si vous y étiez !

LE rassemblement des acteurs non étatiques

« Le Sommet Climate Chance – Afrique 2018 d’Abidjan en Côte d’Ivoire permet de rassembler les acteurs non-étatiques du climat en Afrique et surtout de décliner des feuilles de route sectorielles et opérationnelles adaptées au contexte des territoires africains. »

L’enjeu est donc de « préparer les messages spécifiques du continent africain, de montrer son engagement, et de préciser les demandes et propositions spécifiques des acteurs locaux qui luttent contre les changements climatiques en Afrique. »

En dépassant les 500 participants, ce qui était sa jauge maximum, dont plus de 60% venant de 40 pays différents hors de la Côte d’Ivoire, le sommet #ClimateChanceAfrique atteint son premier objectif, rassembler la diversité des collectivités et des acteurs non étatiques africains pic.twitter.com/tjqDlNHasJ

— Ronan Dantec (@RonanDantec) 28 juin 2018

Le Sommet débute comme chaque année par la traditionnelle plenière d’ouverture, en présence de hauts dirigeants ivoiriens comme Robert Beugré Mambe (Gouverneur du District Autonome d’Abidjan) ou Jeannot Ahoussou-Kouadio (Président du Sénat de Côte d’Ivoire), d’un représentant de la CCNUCC et de Ronan Dantec, Président de l’Association Climate Chance.

L’Afrique : un potentiel énorme pour allier climat et développement

Pour Ronan Dantec, chaque état doit faire sa part dans la lutte contre les changements climatiques. Mais il est paradoxal pour l’Europe de demander à l’Afrique et aux acteurs africains de faire un effort supplémentaire dans leurs politiques de développement alors qu’elle est elle-même la première émettrice d’émissions de gaz à effet de serre.

L’Afrique doit plutôt se saisir de l’opportunité qu’elle a d’avoir encore à se développer pour intégrer dès maintenant l’enjeu climatique à son mode de développement et à sa vision économique.

Pour le Président du Sénat, l’enjeu des territoires africains réside surtout dans les sources de financement et dans l’accessiblité à la finance climatique. Pour pouvoir mettre en oeuvre les plans de développement durable et les actions en faveur du climat, il est nécessaire pour les acteurs africains et notamment les collectivités territoriales d’avoir un accès aux financements de long terme et à taux réduit.

Il convient aussi, et c’est là que se trouve le véritable défi aujourd’hui (aussi bien en Afrique que partout ailleurs), de coordonner les actions de tous les acteurs non-étatiques et de soutenir (aussi bien dans le fond que par la forme, à travers le financement) les actions locales des collectivités territoriales.

Le défi de la finance climat

Ca tombe bien, la finance climat (sujet déjà bien évoqué pendant cette plenière d’ouverture) est au coeur du débat qui suit l’introduction de ce Sommet 2018.

« Les propositions d’un panel d’acteurs non-étatiques sur les enjeux d’accès aux financements… »

Animé par la Déléguée Générale de Climate Chance, ce débat rassemble une diversité d’acteurs non-étatiques allant d’une Adjointe au Maire, membre de la Convention des Maires en Afrique Subsaharienne, au Président du ROPPA-FARMERS, en passant par le Directeur de ENDA Energie. D’ailleurs selon lui, concernant l’accès au financement, il faut tout d’abord se féliciter de la prise de conscience collective.

Mais malheureusement, pour passer de la sensibilisation à l’action, de l’information à la concrétisation, il n’y a pas qu’un pas, surtout sur certains territoires africains. Le problème majeur reste que le budget public n’est pas d’avantage alloué aux politiques de développement durable qu’avant et pire, tend à diminuer dans certains secteurs, comme l’agriculture. « Le budget de l’Etat consacré à l’agriculture est passé de 22% à 5% » s’alarme le Président du ROPPA-FARMER. Les acteurs étatiques misent « sur l’extérieur pour financer la crise climatique » mais c’est à chacun d’agir et de prendre ses responsabilités à ce sujet en y mettant les moyens.

Mais alors que peut faire la société civile dans ce cas ?

Tout d’abord faciliter l’accès à l’information. Puis échanger le plus possible, y compris avec les acteurs étatiques car si elle a des solutions, eux ont les fonds pour les financer.

Il est également plus que nécessaire de prendre en compte dès maintenant le rôle que peuvent et doivent jouer les femmes et la jeunesse dans la lutte contre les changements climatiques et dans l’élaboration de stratégies d’adaptation. Si on leur donne l’information, ils pourront se placer au premier plan de la chaîne de valeur d’un développement durable.

« …et les réactions d’un panel de bailleurs aux propositions des acteurs non-étatiques »

Certes, l’accès aux financements pour les projets de développement durable et de lutte contre les changements climatiques reste très compliqué et freine grandement la mise en place d’actions positives au regard du climat, mais il ne faut pas non plus oublier les clés et les solutions qui sont d’ores et déjà dans les mains des acteurs non-étatiques comme le recours au Fonds Vert pour le Climat .

Enfin, la représentante de l’AFD (Agence Française de Développement) l’assure, les politiques de développement durable devront être la priorité à partir de maintenant.

Mettre en commun ses capacités pour mieux avancer

S’il n’y avait qu’un seul mot d’ordre à retenir des trois ateliers de l’après-midi auxquels s’est rendu Place To B, ce serait celui là. C’est déjà le but initial du Sommet Climate Chance : élaborer conjointement une feuille de route concrétisable et réaliste grâce aux contributions de tous les acteurs non-étatiques ici présents.

Lorsqu’il s’agit d’aménagement des villes africaines de manière durable et de la mise en place des ‘smart-cities’ (définies par les panélistes comme des villes durables, offrant tout le confort possible aux citoyens mais surtout des villes co-construites et co-planifiées avec les habitants) sur le continent africain, on parle de politiques inclusives, de reconnexion entre les différents éco-systèmes et les différents acteurs, qu’ils soient publics ou privés.

Lorsque l’on s’intéresse aux enjeux d’éducation et de formation, on se retrouve dans un atelier organisé sous la forme d’un World Café interactif inspiré du Talanoa Dialogue animé par le réseau jeunesse CliMates ,où trois groupes de participants sont invités à réfléchir et travailler ensemble sur les questions primordiales aujourd’hui : « où on est-on ? », « où veut-on aller ?  » et « comment y arriver ? ». Il est résultera un constat global partagé d’une seule voix par les jeunes du monde entier : le développement durable est la voie qui mènera à une civilisation écologique.

Et puis lorsqu’on se rend compte que dans la mise en place des plans territoriaux climat dans les territoires africains, le problème n’est pas le manque de compétence des acteurs locaux mais la nécessité de renforcer ces capacités et surtout de les partager, tout fait sens.

Finalement, tout est une question de bon sens, encore faut-il y travailler en commun et se retrousser les manches tous ensemble pour faire face à cette problématique de changement climatique qui est bien trop importante pour être résolue seulement par des actions isolées.

La nuit tombe sur Abidjan quand vient clôturer la journée le dernier focus sur l’enjeu des données climat dans les pays d’Afrique subsaharienne. Là encore, sans étonnement, on s’apperçoit que le manque de données sur le dérèglement climatique ainsi que la désorganisation de celles-ci pourraient être résolus par un travail commun de partage de connaissances pour arriver à un état des lieux plus détaillé et complet de la situation actuelle.

Bilan donc de cette première journée : travaillons main dans la main pour partager nos compétences et pousser plus loin une dynamique globale naissante, et mettons tout en oeuvre pour pouvoir financer les actions et solutions répondant aux changements climatiques et qui ne demandent qu’à être implémentées.

On vous laisse avec les photos de la première journée : comme si vous y étiez ! Et on vous dit à demain pour la suite de Climate Chance 🙂

 

 

Nos derniers articles

L’actu écolo de la semaine en GIF ! #41

16/11/2018 par Anne-Sophie Lahaye

La semaine se termine, et vous n’avez pas eu le temps de vous intéresser......

LIRE
L'ARTICLE

Le J-Terre, le nouveau JT écolo 2.0 !

08/11/2018 par Anne-Sophie Lahaye

Le Journal de la Terre (J-Terre), c’est LE nouveau format de l’actualité écologique que......

LIRE
L'ARTICLE

L’actu écolo de la semaine en GIF ! #40

26/10/2018 par Anne-Sophie Lahaye

La semaine se termine, et vous n’avez pas eu le temps de vous intéresser......

LIRE
L'ARTICLE