[B the Start] Plastic Odyssey : le navire qui avance grâce au plastique

Publié le 28/02/2018

Avec B the Start, découvrez à nos côté les interviews de startupers dont les projets ont pour ambition de favoriser les transitions. Quels sont les récits et les imaginaires de ceux qui se lancent le défi d’inventer les solutions de demain ?

Découvrez l’interview de Simon Bernard, co-fondateur du projet Plastic Odyssey. Un bateau de 25 mètres de long, qui recycle le plastique des océans : saviez-vous qu’on pouvait faire de l’essence avec du plastique ?!

 

Bonjour Simon, peux-tu te présenter à la communauté Place to B en quelques mots ?

Je m’appelle Simon Bernard, j’ai 26 ans et je suis issu de la Marine Marchande de formation. Ça fait un an que j’ai lancé un projet qui s’appelle Plastic Odyssey dont le but est de réduire la pollution plastique des océans. En tant que marin, passionné de la mer et des océans, je me suis rendu compte qu’il y avait du plastique partout. D’un autre côté, en tant que passionné d’innovation, je me suis rendu compte qu’il existait des tas de solutions à cette pollution qui n’a pas grand chose à faire dans l’océan.

Simon Bernard, co-fondateur du projet Plastic Odyssey – Photo : Laurent Lachèvre

En quoi consiste ce projet de Plastic Odyssey ?

Plastic Odyssey est un projet centré autour d’un bateau-laboratoire du recyclage plastique. Un peu à l’image de ce qu’a fait Bertrand Picard avec Solar Impulse. Nous aussi on veut faire le tour du monde, mais en travaillant sur le recyclage du plastique. Ce bateau va partir avec à son bord des système de recyclage : il va avancer uniquement grâce aux déchets plastiques récupérés à chaque escale. Ils seront recyclés à bord en énergie.

L’idée derrière tout ça est de développer des systèmes pour trier le plastique, le recycler en objet ou en énergie. Tous ces systèmes sont développés de manière « frugale », au plus simple à construire et à réparer, et sans brevet. Ils sont en open source pour pouvoir ensuite les diffuser largement. Ces systèmes visent plutôt les pays en voie de développement.

Comment fait-on avancer un bateau avec du plastique ?

Comme le plastique est fait à partir de pétrole, on peut faire le chemin inverse. On peut faire du diesel et de l’essence à partir de plastique. Avec un kilo de plastique on peut faire presque un litre de diesel et d’essence. Au lieu d’extraire du pétrole, on peut déjà limiter l’impact en utilisant du plastique qui a déjà été extrait.

Que faites-vous d’autre avec le plastique ?

Le transformer en essence ou en diesel est la dernière étape. Avant ça, on recycle le plastique en objet. On peut faire des briques pour des maisons, des tuiles pour les toits, des planches pour les bateaux ou des meubles… L’idée est de permettre à des entrepreneurs de créer leurs petites activités de recyclage avec des machines qui sont à taille réduite, simple à construire.

Quelles sont les techniques utilisées pour transformer le plastique ?

D’abord on le trie. Pour ça on a un système qui permet de connaître le type de plastique. Ensuite on le chauffe à la température adéquate pour le faire fondre, puis on l’extrait dans un moule. Cela donne un objet.

Des dispositifs de recyclage simples à construire et en open source

Pour le transformer en carburant, c’est un petit peu comme un alambic. On fait chauffer le plastique sans oxygène, ce qui l’empêche de brûler. Les molécules se cassent et on récupère les vapeurs qui sont condensées, refroidit, et cela fait du liquide qui est du diesel et de l’essence.

Pourquoi on n’utilise pas déjà ces techniques de recyclage ?

Cela existe, ce n’est pas nouveau. Mais on ne le fait pas beaucoup car c’est difficilement rentable aujourd’hui en Europe ou au États-Unis. Il faut payer le prix des camions poubelle, le tri des plastique, l’investissement dans l’usine… Tout cela coûte cher. Avec un prix du baril qui est faible aujourd’hui, ce n’est pas assez rentable pour être davantage développé.

Notre but est de faire cela à petite échelle, ce qui n’intéresse pas les groupes parce que ce sont de petits marchés qu’ils n’ont pas forcément envie de cibler. La rentabilité n’est pas ce qui nous motive. Nous voulons avoir une action concrète sur la pollution et développer des systèmes qui vont pouvoir être utilisés dans les pays en développement.

Vous partez quand pour votre tour du monde ?

On part pour un tour du monde de trois ans en 2020 à bord d’un bateau de 25 mètres. L’objectif est d’aller toucher les trois continents les plus pollués : l’Afrique, l’Amérique du Sud, et ensuite l’Asie. Nous allons faire une trentaine d’escale pour sensibiliser un maximum de gens. Ainsi nous voulons amorcer un réseau d’entrepreneurs et de petites usines à construire un peu partout dans ces pays-là.

3 ans de tour du monde, au moins 33 escales !

Où en êtes-vous dans l’avancement du projet ?

Plastic Odyssey est vraiment un projet ambitieux, donc il faut réunir toute la communauté d’ingénieurs qui va permettre de développer les machines. Il faut aussi trouver les financements pour construire les machines, construire le bateau… Il faut aussi préparer les escales : on ne peut pas débarquer dans un pays sans avoir passé six mois à un an à préparer l’escale.

Il nous faut encore au moins deux ans de préparation. Avant de se lancer dans la préparation du projet à taille réelle, on construit un démonstrateur, un bateau de 6 mètres qui sera mis à l’eau en juin, avec déjà un système de recyclage.

Comment voyez-vous Plastic Odyssey et le recyclage plastique en général en 2030 ?

Le but n’est pas forcément de faire avancer le bateau grâce au plastique, mais d’installer les systèmes qui seront sur le bateau. Démontrer que si on peut le faire sur un bateau on pourra le faire partout. L’objectif est d’avoir un réseau mondial de petites entreprises du recyclage partout sur les côtes. Un réseau qui pourrait faire barrage au plastique et faire vivre les gens localement.

 

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