COP23 : Jour 4, négociations dans la dernière ligne droite

Publié le 17/11/2017

Jeudi était l’avant-dernier jour avant la fin programmée de la COP à Bonn. Est-ce que les négociations arriveront à tenir le planning malgré les points restant à trancher ? Place to B est toujours là pour le débrief !

Retour à la normal ou presque

Angela Merkel et Emmanuel Macron sont repartis comme ils étaient venus. De nombreux autres chefs d’état sont encore présents et se sont eux-aussi succédés à la tribune des Nations Unies dans le cadre du segment de haut-niveau. Néanmoins, en l’absence de dirigeants « de premier plan », l’attention s’est à nouveau reportée sur le travail des délégations. On peut quand même regretter un certain manque d’implication des politiques dans la négociation. A l’exception des discours, on entend dire dans les couloirs de la COP qu’ils n’ont pas souhaité peser sur les négociations. On peut clairement parler d’un certain manque de « leadership politique ». Dommage pour cette COP qui avait le devoir de réaffirmer un certain volontarisme. Surtout en considérant les événements climatiques récents et les mauvaises nouvelles sur la courbe des émissions.

La question française

Nous vous en parlions déjà hier. L’intervention d’Emmanuel Macron est loin d’avoir laissé indifférents les acteurs de la COP. Négociateurs comme observateurs. A l’issue de son discours, le président français a pris le temps d’échanger avec les représentants d’ONG françaises présents à Bonn. Si les discussions ont été faciles, de l’avis même des associatifs, le président Macron a réaffirmé ses positions récentes. Aussi bien sur le nucléaire, que sur la taxe sur les transactions financières (TTF) ou la nécessité d’une taxe carbone européenne. Il a également affirmé vouloir faire pression sur la Pologne. Elle doit cesser de ralentir les négociations et s’engager davantage, notamment en ratifiant l’amendement de Doha. Sinon il pourrait s’opposer à ce que la COP24 se tienne là-bas, comme cela est prévu.

Agendas divergents ?

On observe en conséquence une situation un peu paradoxale à la COP. Comme nous vous l’expliquions hier, les ONG françaises remettent en question la prétendue exemplarité française. Mais ce n’est pas le cas de toutes les organisations étrangères. Au sein même des réseaux militants, certaines ONG étrangères trouvent la position de leurs collègues français trop critique envers le président de la république. On peut sans doute l’expliquer par une certaine méconnaissance de la politique nationale française poursuivie par le gouvernement français. Mais surtout par la volonté de ne pas mettre de bâtons dans les roues du seul leader politique sur les questions climat actuellement. On voit ici les différentes priorités des acteurs militants. Il y a ceux dont la priorité est l’avancée des négociations internationales et ceux qui se doivent de faire avancer les choses à l’intérieur des frontières françaises. Chacun est dans son rôle en quelque sorte !

Sur le pavillon français de la COP23 en zone Bonn.

Un bilan des négociations quasiment connu

A 24 heures de la fin prévue de la COP, les points principaux des négociations sont quasiment arrêtés. Il n’y aura sans doute pas d’évolutions très surprenantes dans cette dernière ligne droite. Le dialogue de facilitation, qui vise à réévaluer à la hausse les engagements volontaires a été renommé « Dialogue de Talanoa » par la présidence fidjienne. Il est cadré et devrait faire partie de la déclaration finale. Ce ne sera sans doute pas le cas des éléments pré-validés pour l’action pré-2020. Eux devront se contenter d’un court texte distinct et d’une adoption par acclamation. Cela ne suffira pas pour entraîner une dynamique réelle avant cette date si proche.

Le Rulebook, qui désigne les règles précises d’application et de fonctionnement de l’Accord de Paris, a été quelque peu ignoré par les gouvernements. Seuls les négociateurs ont travaillé dessus au sein de l’espace qui lui y est consacré. Du retard a été pris sur cette question. Malgré l’importance de ce sujet et une deadline fixée à la COP24. Si l’on considère que les discussions ne reprendront qu’en mai prochain avec les intersessions, il y a un vrai regret à avoir de ce côté-là !

Des médias plus présents

Les derniers jours de la COP sont l’occasion de voir l’apparition de nombreux journalistes. Les équipes se multiplient pour interviewer les acteurs présents et suivre les annonces finales. Il n’y a plus uniquement les télévisions allemandes qui souhaitent faire des images au cœur des négociations. Une très bonne chose pour la médiatisation de cette COP. Elle en a manqué et n’aura pas facilité le travail des journalistes qui avaient fait l’effort de se déplacer. Nous avons eu la chance d’échanger avec plusieurs d’entre eu. Vous retrouverez très vite sur les réseaux les vidéos de ces interviews ! Eux-aussi ont vu leur suivi compliqué par la géographie de ce centre des négociations et par la difficulté à suivre son programme. Si l’on ajoute à ça, la complexité et la lenteur des négociations actuelles, ce n’était pas une sinécure de rendre intelligible cette COP !

Du côté du pavillon des acteurs non étatiques américains.

C’est fini pour aujourd’hui ! On vous dit rendez-vous demain pour (si tout va bien…) le débrief final de cette COP23 et de la déclaration. Comme chaque jour, un grand merci au Réseau Action Climat et au Geres pour leur aide dans le suivi des négociations ! N’oubliez pas d’aller jeter un œil à l’album photo de ce 4e jour d’ici là 😊

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