Canada : Une promesse de fou

Publié le 18/11/2016

Au village de Bab Ighli, à Marrakech, où seront accueillis les acteurs de la COP22. COP22

Hier en fin d’après-midi j’ai assisté à deux activités. La première était le dévoilement de la Plateforme Pathways 2050, probablement l’annonce la plus substantielle et la plus courue de la COP22. Étant l’une des panélistes, la ministre de l’Environnement du Canada, Catherine McKenna, a confirmé la participation de notre pays à cette initiative. De ce fait, elle confirmait implicitement l’engagement du Canada à réduire d’au moins 80 % ses émissions de GES pour 2050. À en croire ce qu’en rapporte nos médias aujourd’hui, notamment un article publié dans le quotidien québécois Le Devoir, il y a en a beaucoup qui mettent en doute notre capacité de respecter cet engagement. D’où le titre du présent billet.

La seconde activité était organisée par le gouvernement canadien dans la zone « entreprises » de la COP. Le business hub, comme on l’appelle ici, est comme l’an dernier l’endroit où se déroule les conférences les plus intéressantes, à mon avis (finance carbone, impact des changements climatiques sur l’économie, risques financiers, etc.). C’était la dernière activité du Canada à la COP22. La ministre avait réuni pour l’occasion les représentants de la délégation canadienne afin de discuter des changements climatiques dans la perspective du secteur des affaires. On nous avait demandé de nous préparer à répondre à quatre questions. Malheureusement, le programme a changé et ça n’a servi à rien (sans commentaires…). Voici néanmoins mes réflexions liées aux deux premières questions.

Comment est perçu selon vous le leadership du Canada sur les changements climatique à la COP22 ?  C’est un leadership de fou. Comment un pays peut prendre des engagements de réduction de GES si ambitieux alors que son économie est si dépendante de la production d’énergie fossile ? Et dont le bien-être (dans sa conception actuelle) repose sur la surconsommation d’énergie ? De l’extérieur c’est positif. Les autres pays sont moins hésitants à emboîter le pas, voyant que même le Canada s’y met. À l’intérieur, c’est une autre histoire. Le fossé entre les impératifs de la réduction des GES et ceux du modèle économique et culturel canadien actuel semble impossible à combler.

Comment ce leadership devrait s’exprimer dans le futur ?  Eh bien, justement ! Le leadership du Canada doit se manifester par une réflexion sur des solutions crédibles pour se sortir de cette impasse. Cela nécessite un vrai dialogue qui engage tous les acteurs de la société dans le cadre d’une démarche structurée. Ce modèle, tout autant que les résultats qui vont en découler, pourra servir ensuite aux pays, partout dans le monde, qui tôt au tard seront aux prises avec ce genre de dilemme. En effet, les solutions plutôt simples d’aujourd’hui cèderont le pas à des enjeux beaucoup plus complexes dans le futur au fur et à mesure que nous nous approcherons de la cible de 2050.

La bonne nouvelle, c’est qu’il paraît qu’il y a juste les fous qui ne changent pas d’idée. Il faut s’y faire, l’engagement va rester. À nous de tout faire pour le respecter.

À lire : L’appel de Marrakech de la communauté éducative, sur l’éducation à l’environnement, est catégorique : pas de transition sans éducation. C’est tellement vrai !

Vu : L’exposition photo « 60 solutions face au changement climatique » de la Fondation GoodPlanet.
Rincez-vous l’œil ici. Wow !

C’est la fin de mon séjour et mon dernier billet.

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