La financiarisation à l’extrême

Publié le 13/08/2016

financiarisation

Par Nicolas Isabelle, Webzine de l’école d’été INM

La financiarisation de tout ce qui nous entoure pousse l’humain contemporain à voir le monde selon sa valeur marchande. Bilan de la conférence au FSM de Nick Dearden, directeur de l’organisme britannique Global Justice Now.

« Huit ans après la crise économique qui a prouvé l’inefficacité de l’organisation du marché financier, nos politiciens ne jurent toujours que par ça » a déclaré Nick Dearden, d’entrée de jeu.

Le directeur de Global Justice Now déplore le fait que dans tous les secteurs économiques, l’organisation de la production se fasse toujours dans un intérêt marchand. Mêmes les droits et les services essentiels à tous seraient exploités dans une perspective capitaliste.

À titre d’exemple, on peut penser à l’éducation. En effet, les étudiants qui paient leurs frais de scolarité considèrent souvent qu’ils font un investissement dans leur capital humain, dans le but d’en tirer profit plus tard.

La finalité des services de santé est elle aussi repensée en fonction de priorités marchantes. Selon Nick Dearden, l’hôpital n’a plus pour seul objectif de guérir les patients, mais également de tirer un profit de toutes ses opérations.

La valeur comme médiateur aliénant

« Tout a maintenant le profit comme objectif principal et cela dénature l’être humain », affirme amèrement l’expert britannique.

Ses propos rejoignent ceux d’Éric Martin et de Maxime Ouellet, chercheurs à l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) et co-directeurs de l’ouvrage La tyrannie de la valeur (Écosociété, 2011). En conférence au Cégep du Vieux Montréal en février dernier, les deux intellectuels ont expliqué que les rapports sociaux dans la société capitaliste sont médiatisés par la valeur marchande.

Ainsi, les êtres humains ont un rapport au monde qui passe par plusieurs médiateurs construits socialement. Par exemple, lorsque deux personnes communiquent, elles utilisent le langage comme médiateur. Toutefois, le capitalisme financier qu’on connaît aujourd’hui, par sa façon de poser une étiquette arbitraire sur la valeur de différents biens ou ressources, oblige le citoyen contemporain à utiliser ce médiateur dans sa relation au réel. On distingue les médiateurs aliénants (notamment la valeur marchande) des médiateurs sains (le langage, la culture, etc).

Les propos d’Éric Martin, de Maxime Ouellet et de Nick Dearden font le procès du capitalisme contemporain et dressent un portrait sombre des répercussions sur les relations humaines. Une discussion qui est la toile de fonds du FSM et qui ne fait que commencer.

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