Creative Factory: l’expression de soi-même, figure du changement

Publié le 15/12/2015

La Creative Factory, espace de collaboration et de création, a ouvert ses portes dès le début de l’aventure Place to B. Du 30 novembre au 12 décembre, elle reçoit des participants du monde entier autour de cinq thématiques qui font lien avec la transition écologique.

Décrite comme « a place for new stories », la Creative Factory, c’est la rencontre de personnes venant de pays différents, souhaitant apporter leurs compétences à la réalisation de projets innovants, pour parler du climat autrement. Un lieu où l’intelligence et l’émulation collective prédominent, et où l’approche interdisciplinaire permet d’aborder les problématiques sous un angle global, inclusif, et systémique.

Le troisième atelier, « Invoking the spirit of change », les 5 et 6 décembre, a été l’occasion de discuter et d’illustrer le lien intrinsèque entre spiritualité et environnement. Accompagnés de mentors, les trois groupes de participants ont co-créé des outils de communication innovants. L’objectif : sensibiliser aux problématiques du réchauffement climatique, au travers d’éléments artistiques et spirituels, pour favoriser l’émergence d’une conscience globale.

Jour 1 – Trouver le souffle

Consacrée à l’intervention des experts, la première matinée permet de planter le décor et les enjeux de la thématique.

« Les faits et chiffres ne sont pas pertinents pour l’opinion publique, explique d’abord George Marshall, fondateur de l’organisation Climate Outreach, à propos de la communication autour du réchauffement climatique. Les gens ont besoin d’une histoire à laquelle croire! » La foi est importante pour sensibiliser le public à ces enjeux : elle laisse une place au non-jugement et permet une modification de la perception usuelle des discours écologiques. Parler avec foi permet de dépasser les frontières érigées par les valeurs politiques.

23407821442_6005b066bd_kSean Watkins, de l’organisation Our voices, part du constat que les communautés de croyance abordent de plus en plus les sujets climatiques. Mais comment créer une coalition de croyances – une « douce identité collective » – autour du changement climatique sans pour autant menacer chacune de nos identités respectives ? En y apportant son vécu, sa propre histoire, son unique vérité. Et en construisant ensemble une société fondée sur les valeurs universelles d’amour et de respect.

Sean nous explique aussi que les réseaux sociaux sont le meilleur moyen de mettre en lumière les histoires locales et personnelles, de façon à atteindre un niveau global de compréhension autour des enjeux climatiques. Le hashtag, utilisé sur les réseaux sociaux, représente plus qu’une simple mode. C’est une réelle communauté, un outil pour rassembler les personnes autour d’une croyance et d’un sujet communs.

Liya Rechtman, représentante de la communauté juive, souligne à travers son histoire personnelle la nécessité de poursuivre une « justice justice » qui consiste à questionner les conséquences écosystémiques du changement climatique. La foi, la jeunesse, et l’art permettent de créer des lieux disruptifs, où la volonté de création et la beauté donnent une raison aux citoyens de se lever pour faire entendre leur voix. Communiquer à travers l’art c’est aussi ouvrir la discussion, construire les bases d’un imaginaire commun, et susciter l’émotion en touchant le tréfonds de chaque être.

Sœur Cécile Renouard, philosophe politique, définit quant à elle la créativité comme l’expression de notre plus noble qualité humaine. « Nous sommes des co-créateurs avec Dieu, et nous sommes plus créatifs lorsque nous essayons de respecter l’environnement ». L’homme se définit aujourd’hui uniquement comme un individu, mais nous faisons tous partie d’une grande communauté ! En sortant du discours environnementaliste, nous prônons l’ouverture, une qualité inhérente à chaque personne croyante, et nous engageons ainsi l’humanité dans son ensemble.

14h – Brainstorming

Les différentes interventions de la matinée ont permis d’initier le débat au sein de chacun des trois groupes constitués. Participante à cet atelier, j’ai pu suivre et nourrir ces échanges.

Première question : quelle est la nature de notre propos et à qui l’adresse-t-on ? Après une telle matinée de réflexion, le choix de l’audience a été vite fait. « Pour tout changer, il faut tout le monde ». La connotation politique de ces termes fait en réalité référence à l’unicité des individus.

Choisir une audience spécifique viendrait s’opposer à l’idée d’ouverture, de connexion spirituelle et d’ «inter-être», néologisme venu de la tradition bouddhiste. C’est pourquoi notre choix de s’adresser à tous nos concitoyens a orienté notre discours vers des valeurs communes de paix, de compassion, d’amour et d’espoir.

La définition usuelle du terme « spiritualité » est celle de la foi combinée à la pratique religieuse, alors que ce terme englobe bien plus que ce seul univers. La spiritualité représente ainsi l’expression de l’âme, propre à chaque individu. Le lien à la Terre et aux hommes, à travers les générations passées, actuelles et futures.

schema

Croyance, religion, et spiritualité sont intimement connectées. Pour être effective et susciter conscientisation, compassion, amour et espoir, la communication sur le changement climatique doit être à la croisée de ces trois ensembles.

Jour 2 – Insuffler un imaginaire commun

Matinée – Brainstorming

Carole, bloggeuse, illustratrice et compositrice, a introduit la notion de champs électromagnétique venant du cœur. La joie et le bonheur sont développés à partir de cette énergie, et lorsque ce sentiment grandit, il s’étend pour englober d’autres personnes et créer de l’amour.

A l’origine de ce champs électromagnétique, un mouvement, celui des battements du cœur et un état, celui du vivant. Le mouvement crée la vie, et la vie est dessinée de mouvements : la rotation de la planète Terre sur elle-même et autour du soleil, le courant de l’eau dans les rivières, la circulation du sang dans nos veines etc.

Et lorsque ces mouvements sont assemblés, corrélés les uns aux autres, ils écrivent une histoire. Une histoire racontée à travers une chorégraphie où l’art de la danse tient une place prépondérante.

Elle fait d’ailleurs partie intégrante des rituels culturels et religieux qui célèbrent la vie. La danse soufie en est un très bon exemple. Elle entraîne le corps et l’âme vers la lumière spirituelle du cœur. La danse, comme l’expression d’une âme qui prie, alignée avec le cerveau et le corps, proche de l’état de transe.

14h – Création

Comme l’ont mentionné George Marshall et Sean Watkins, « le climat a besoin d’une histoire ». L’histoire qu’on a souhaité écrire est celle de la conquête spirituelle de l’homme à travers la danse.

De la naissance de la vie jusqu’à l’état de transe, accompagnés des battements du cœur et des mouvements du corps, pour une profonde connexion avec le divin, un alignement parfait avec son être, et un amour infini de notre planète et de l’humain.

Et pour que cette histoire parle à chacun, quoi de mieux qu’une application numérique, rassemblant des chorégraphies des quatre coins du monde, et suscitant l’engagement grâce aux réseaux sociaux ?

Nous, on n’a pas trouvé mieux !

appli

Lilia Ferhouh / Photo: Arthur Enard

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