Place To Brief – Let it B

Publié le 09/12/2015

Encyclique « Laudato Si » du pape, déclaration du dalaï lama, campagne internationale « Why do I care Summit »… Beaucoup d’énergies religieuses ont convergé à l’occasion de la COP21 à Paris. Place To B a invité plusieurs leaders de ce mouvement global afin de leur demander comment religion et spiritualité peuvent contribuer à mieux sensibiliser autour des enjeux climatiques.

Comment la religion peut-elle contribuer à mobiliser autour du dérèglement climatique ?

Les deux premiers intervenants étaient Georges Marshall, de Climate Outreach, une organisation à but non lucratif qui tente de sensibiliser et de favoriser la compréhension des enjeux climatiques par le grand public, et le révérend Fletcher Harper, directeur exécutif de Greenfaith, une coalition interreligieuse fondée en 1992 qui tente de mobiliser et éduquer des populations de différentes croyances autour de l’environnement.

Comme dans le monde « extérieur », trouver les bons mots pour mobiliser les gens relève du défi : « Si nous assénons trop de données scientifiques, cela ne parle pas aux gens. Nous devons nous adresser à leur identité et à leurs valeurs. » Dans le cadre de la campagne interreligieuse pour le climat « Our Voices », Climate Outreach a réalisé une étude afin de développer un langage qui permette de mobiliser autour du climat. L’étude a été réalisée auprès de personnes de confessions bouddhiste, chrétienne, hindoue, juive et musulmane.

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Cette étude a permis d’identifier un langage-clé et transconfessionnel. George Marshall, surnommé « Climate George », nous a donné quelques exemples de mots qui « parlent » aux gens : ainsi le mot « don », dans le contexte du don de la nature, est un mot très puissant, car il permet de développer tout un récit. Les concepts d’équilibre (du monde), de prendre soin du monde et des pauvres sont également des concepts universels et transreligieux.

En revanche, la notion de « faute » est à éviter : pourquoi ? « Parce qu’aucun d’entre nous ne souhaite faire le mal. » Ceci explique sans doute que les discours habituels, moralistes, soient si inefficaces. Un autre défi, pour George Marshall, consiste à accepter que chaque personne doive passer par plusieurs stades dans sa prise de conscience. Dans ce sens, le concept d’ « éveil », assez courant dans les différents mouvements religieux et spirituels, semble adéquat pour traduire le processus par lequel chacun de nous doit passer pour s’engager dans l’action climatique.

Un défi commun

Plutôt que de raconter un monde (sur-)exploité par l’homme, la religion peut et devrait communiquer sur la beauté et le sens d’interconnexion entre les êtres. Nos deux intervenants ont ensuite été rejoints par Martin Kopp, chargé de plaidoyer pour la Fédération luthérienne mondiale pour « la justice climatique », Estelle Grenon, coordinatrice COP21 pour la Conférence des évêques de France, Muhtari Aminu-Kano, un conseiller politique qui travaille avec l’organisation Islamic Relief Worldwide, Valériane Bernard, représentante des Nations Unies pour la Brahma Kumaris World Spiritual University, et Laura Morosini, pour l’association Chrétiens pour la Terre.

LetItB-harpeUn objectif commun

Le changement climatique a le pouvoir d’unir au-delà des confessions, et offre l’opportunité aux religions de se réunir autour d’une cause commune. Bien que tous les intervenants du soir aient représenté des confessions différentes, et bien que les religions soient souvent en désaccord entre elles, elles ont trouvé un point d’accord sur l’environnement et le besoin d’agir pour le climat : « Le changement climatique est un problème spirituel qui dépasse nos visions théologiques », a conclu Martin Kopp. Les différents mouvements spirituels et religieux ont été nombreux à exprimer leur engagement pour le climat en 2015. En France, cet engagement s’est même traduit, en juillet dernier, par la remise au chef de l’état de la toute première déclaration interreligieuse pour le climat par l’ensemble des leaders religieux français.

Climate Outreach, Greenfaith et d’autres organisations religieuses et spirituelles dans le monde travaillent aujourd’hui afin de mobiliser les gens autour des enjeux climatiques en offrant des formations, en tentant de communiquer autrement et même en prenant une part active dans les mouvements sociaux. Sachant que 84 % de la population mondiale est croyante, la religion peut et doit définitivement jouer un rôle actif dans la mobilisation autour de l’action climatique.

La session a été clôturée par l’artiste du jour, la musicienne Claire Galo-Place, qui nous offert une belle interprétation du « Clair de Lune » de Debussy à la harpe.

Photos : Julie Boileau

 

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